L’esprit à bout de souffle

Il est temps d’éveiller vos consciences ! Ce syndrome des temps modernes, dont tout le monde parle énormément : l’esprit est à bout de souffle !

L’accélération du temps d’un côté et l’épuisement professionnel de l’autre côté.

C’est un sujet complexe, dont on ne sait pas encore très bien comment le traiter. Nous allons essayer ensemble d’y apporter quelques pistes de réponses.

épuisement au travail

© Stocklib / Katarzyna Białasiewicz

Je reçois de plus en plus de personnes épuisées qui me disent :

« J’ai une ampoule grillée dans mon cerveau »,

« Je n’en peux plus »,

« Ce matin je ne pouvais plus me lever »,

« Je dois tenir le coup »,

« C’était comme un rideau de fer qui se fermait devant moi »,

« Je regarde mes mails et je suis dans l’incapacité d’y répondre »,

« Je n’ai plus envie de parler à mes collègues. Tout me semble agressif »,

« Je ne peux en parler à personne »,

« Mes collègues ne me comprennent pas ».

Le burnout ne vous tombe pas dessus du jour au lendemain, c’est quelque chose qui arrive petit à petit, comme un crabe que l’on met à bouillir dans une marmite. Au début l’eau est fraiche et c’est plutôt agréable, par la suite l’eau commence à chauffer et c’est supportable. Quand l’eau commence à bouillir, en général c’est déjà trop tard, la personne est déjà en épuisement.

Quand une personne n’arrive plus à se lever le matin pour aller travailler, ce n’est pas une semaine d’arrêt mais en général 6 mois à 1 an.

Le Burnout est une bombe à retardement

Le plus souvent, ce sont des personnes très engagées dans leur travail, qui aiment leur entreprise, des personnes ‘impliquées.  Souvent des personnes pour qui l’exemplarité est une valeur importante.

Au début, pour la personne les choses sont faciles. Ça mouline vite dans sa tête, elle est rapide, efficace, comprend rapidement les choses et a une bonne compréhension globale de la situation.

Comme ce sont  des personnes très efficaces, l’entreprise s’appuie sur elles et parfois leur demande encore plus.

Ce sont elles qui subissent le plus les tensions et le stress.

Comme elles sont très efficaces et qu’elles arrivent à faire beaucoup de choses en peu de temps on « charge la mule » comme on dit.

Des individus perfectionnistes, en quête de reconnaissance, dévoués à leur société… qui ne comptent ni leurs heures ni leur énergie.

 

Quelques chiffres sur le Burnout :

burnout bombe a retardement

© Stocklib / lightwise

L’OMS (Organisation Mondiale de la Santé) prévoit qu’en 2020, la dépression sera la principale cause d’incapacité de travail et classe la France au 3ème rang mondial des dépressions liées au travail.

Le BIT (Bureau International du Travail) indique qu’il y a 24% de la population active qui est en phase de pré-burnout, c’est à dire en situation de stress élevé qui est dangereux pour la santé.

 

Le burn-out reste tabou auprès des dirigeants et des salariés

Freudenberger, psychanalyste allemand-américain décédé en 1999, considère le burnout comme un état d’épuisement et de frustration, provoqué par des attentes irréalistes. Il définit cet état comme une usure de l’énergie, un épuisement dû aux exigences, qu’elles soient imposées par l’individu lui-même ou par son entourage, le travail, les amis, le conjoint, le système de valeurs ou encore la société en général.
Le burnout représente un état émotionnel qui s’accompagne d’un stress intense et exerce un effet négatif sur la motivation, l’attitude et le comportement.

Apprendre à écouter les signes avant-coureurs pour reprendre sa santé en main et continuer à travailler sereinement.

Le plus difficile est d’être capable d’identifier ces signaux d’alarme pour pouvoir demander de l’aide à temps.

 

Comment identifier ces signes avant-coureurs du burnout ?

Mal de dos, problème de digestions, vertiges, problème de sommeil, des palpitations, des problèmes respiratoires, consommation d’alcool, manque de concentration.

Vous ne trouvez pas vos mots, compensez avec des horaires à rallonge, ruminez autour du travail, changement de poste, de chef, restructuration, nouvelles missions.

Vous êtes dans le déni par rapport à votre surmenage, vous vous repliez sur vous, pour tenir le coup vous prenez des antidépresseurs ou des anxiolytiques et vos tâches se transforment en mission impossible.

Vous devenez cynique à l’égard de vos clients, patients, fournisseurs, public, collègues.

 

Comment en sommes-nous arrivés là ?

D’après le Philosophe Allemand Rosa

Hartmut Rosa, né en1965 à Lörrach, est un sociologue et philosophe allemand, qui enseigne à l’université Friedrich. Il fait partie d’une nouvelle génération de penseurs qui apporte un nouveau regard critique sur notre façon de fonctionner.

L’accélération donne du sens, les premiers trains, les premières voitures. Depuis des décennies tout est fait pour aller plus vite et c’est ca également qui donne du sens.

L’accélération du temps, indique un profond changement de société.

La compétition, arriver le premier. La réussite est une course contre la montre.

La crise financière, les nouvelles technologies, joue un rôle dans le burnout.

L’instantané, le digital, les fusions également,

Un manque de respect ou mauvaise communication avec un collègue ou supérieur peut également entrainer le burnout. Une rigidité dans le travail du à des valeurs trop fortes comme par exemple « l’exemplarité »

Parfois l’épuisement professionnel peut provenir d’un engagement excessif de la personne dans son travail, d’une incapacité à se déconnecter et à se détendre et également d’une surévaluation de son niveau de résistance au stress et de l’absence de demande d’aide. 

Nos cadres n’ont plus le temps d’encadrer.

Les solutions qui marchent contre le Burnout :

  1. esprit à bout de souffle : s'arreter avant le burnoutNous sommes de plus en plus nombreux à prendre conscience que le changement intérieur personnel est la clé du changement social durable.
  2. Des temps d’arrêts obligatoires à réinstaller dans les entreprises
  3. Du temps connecté et du temps écran fermé.
  4. Intervenir dans la phase pré-burnout individuellement ou en équipe.
  5. Redonner aux cadres du temps pour encadrer. LES CADRES N’ENCADRENT PLUS.
  6. Avancer avec vos vraies valeurs et non pas ceux que la société vous impose.
  7. Retrouver un nouvel élan. Le burn out est une façon de passer à autre chose. Sentir l’apaisement dans son corps.
  8. Prendre le temps pendant cette convalescence pour réfléchir. Repenser comment j’ai envie de voir la vie.
  9. Changer ses habitudes de travail
  10. Accepter de l’aide et faire une activité physique.

Je sème une graine. Arrosons la, on aura fait ce que l’on pense juste.

Intervenir dans la phase pré-burn-out en individuel ou en groupe

En réactivant ses perceptions la personne peut changer la réalité intérieure et extérieure.

Il est important que la personne puisse faire de la place, se libérer, faire le ménage de ce que elle veut et de ce qu’elle est.

S’approprier ce qui est le mieux pour elle.

Pour changer de niveau de conscience, nous avons besoin de faire des apprentissages à travers la connaissance de soi, ouverture du cœur et de conscience, la gestion de ses émotions, développer son écoute et empathie, travailler notre alignement.

Tout apprentissage suppose méthode, rigueur, détermination, discipline et temps. Nous avons également besoin de faire l’expérience de nous sentir vivants dans un monde vivant, reliés, appartenant et enchantés d’appartenir à ce mouvement d’expansion et d’interaction qu’est la vie.

comments