Avoir de l’empathie, oui mais jusqu’à quel point ?

L’empathie a-t-elle des limites ?

L’empathie est un comportement aujourd’hui très valorisé. Si elle présente des avantages, elle a aussi ses limites et ses excès qui peuvent être néfastes. C’est ce que nous allons examiner.

faire preuve d'empathie

L'empathie permet une meilleure compréhension de son interlocuteur et permet de gagner son respect et son écoute. Elle a aussi ses limites car la personne empathique a une écoute de compassion jusqu’à un certain degré.

Il ne suffit pas de ressentir une émotion pour parler d'empathie. Il est nécessaire d'avoir la connaissance de la source de l'émotion et de prendre la perspective de l'autre. Il faut également que la personne soit capable de faire la distinction entre ses propres émotions et celles d'autrui.

LES LIMITES DE L’EMPATHIE

Nous serions donc tous, à différents degrés, capables d’empathie. Mais pour des raisons liées à la difficulté de définir ce qu’est et en quoi consiste l’empathie, certaines personnes pensent en être particulièrement dotées, à tort.

La principale erreur est de confondre l’empathie avec la sympathie. Les personnes sympathiques cherchent des solutions pour l’autre au risque de s’épuiser.

Une autre difficulté liée à l’empathie, est de se retrouver submergé par les émotions de l’autre. L’empathie nécessite donc d’une part de bien faire la différence entre soi, sa propre histoire et autrui mais aussi de savoir réguler ses propres réponses émotionnelles. Cette régulation est l’ensemble des processus (affectifs et cognitifs) qu’un individu peut mettre en œuvre pour modifier ses réponses émotionnelles spontanées.

L’empathie trouve aussi ses limites par le fait que très souvent, plus ou moins consciemment, nous avons une empathie à géométrie variable.
En effet, nous n’accordons pas la même attention à nos différents interlocuteurs.
Il semblerait que nous ayons tendance à être plus empathiques envers ceux qui nous ressemblent et moins envers ceux qui sont différents de nous.

Ainsi, l’empathie sélective peut générer des inégalités d’attention et donc de traitement des personnes. Cela peut constituer un axe de travail intéressant : nous entraîner à être plus équitables dans la production de nos comportements empathiques. Nous entraîner aussi à avoir une empathie raisonnée pour aller prioritairement vers ceux qui en ont le plus besoin.

L’EMPATHIE DANS LA RELATION DE TRAVAIL

Bien que l’apprentissage du développement de l’empathie ne fasse pas partie du cursus pédagogique de toutes les Grandes Écoles, beaucoup s’accordent à dire que l’empathie est une qualité essentielle à l’exercice de sa fonction. En effet, la grande majorité des salariés souhaitent avant tout être écoutés et compris. C’est toute la difficulté de la relation manager / salarié.

Mais deux conceptions s’opposent dans la définition du rôle du manager :

  1. Celui du manager efficace, imperturbable, qui a une vision objective du travail et qui peut ainsi prendre des décisions d’expert et gagner en efficacité,
  2. Celui du manager empathique et humain qui s’intéresse non seulement à la difficulté de chaque salarié, mais également à la manière dont il la vit, à sa situation personnelle, sociale, à son histoire.

Voici comment il faudrait développer son empathie pour éviter de mécontenter et/ou perdre la confiance de son salarié :

  • Revoir son égo et son prestige à la baisse,
  • Faire preuve de compréhension et de patience,
  • Écouter (et réfléchir) avant de parler,
  • Ne pas surestimer ses propres capacités d’empathie,
  • Savoir confirmer à son interlocuteur que l’on a bien compris sa position, son ressenti.

La qualité d’être emphatique est définie comme consistant à percevoir avec précision le cadre de référence interne de l’autre, les composantes émotionnelles et les significations qui s’y attachent comme si l’on était la personne elle-même mais sans perdre de vue le « comme si ». C. Rogers

EN CONCLUSION

La définition la plus satisfaisante de l’empathie serait donc l’habilité à percevoir, à identifier et à comprendre les sentiments ou les émotions d’une autre personne tout en maintenant une distance affective par rapport à cette dernière.

Cela consiste à saisir les raisons qui amènent une personne à agir d’une certaine façon ou à avoir telle ou telle réaction, et ce, avant même de porter un jugement sur elle.
L’empathie permet une meilleure compréhension de son interlocuteur et permet de gagner ainsi son respect et son écoute.
Ce n’est surtout pas trouver des solutions pour elle au risque qu’elle vous dise qu’elle ne vous ait rien demandé.

L’empathie nous apprend la bienveillance, elle nous ouvre à la découverte et à l’acceptation des différences, ce qui permet le mieux vivre ensemble et l’enrichissement mutuel. Car, et c’est heureux, nous ne penserons jamais tous de la même façon. L’empathie nous ouvre à des regards différents, elle élargit notre champ de conscience, elle permet d’ouvrir l’autre et nous-mêmes à d’autres options.

« Si le mot que tu prononces n’est pas plus beau que le silence, ne le dit pas. » Proverbe Soufi.

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